Du « quartier-village » à la « ville du quart d’heure »
Concept urbain du XXIe siècle, la ville du quart d’heure, développée par Carlos Moreno, propose une organisation où chacun peut accéder, en moins de quinze minutes à pied ou à vélo, à l’essentiel de son quotidien : se loger, travailler, apprendre, se soigner, se détendre.
Souvent présentée comme une innovation contemporaine, cette approche s’inscrit pourtant dans une continuité historique, prolongeant les réflexions amorcées dès la fin des années 1970 avec le modèle du quartier-village, qui cherchait déjà à recréer proximité, mixité et échelle humaine à travers des micro-centralités. À bien des égards, Dijon apparaît aujourd’hui comme une ville déjà proche de ce modèle, grâce à un centre historique dense et compact, une continuité urbaine maîtrisée, un réseau de tramway structurant et une bonne accessibilité aux services du quotidien.
Dans de nombreux quartiers, la proximité des commerces, des équipements, des services médicaux et des transports permet déjà de vivre sans dépendre systématiquement de la voiture, faisant de la ville du quart d’heure moins un objectif à atteindre qu’une réalité partiellement existante.
Toutefois, cette accessibilité reste inégale selon les territoires : certains secteurs pavillonnaires, zones d’activités ou espaces commerciaux périphériques demeurent plus monofonctionnels et dépendants de la mobilité motorisée. L’enjeu n’est donc pas de créer ex nihilo une ville du quart d’heure, mais d’en corriger les déséquilibres et d’en renforcer les continuités. Dans ce contexte, la question de la densité doit être abordée avec nuance : dans une ville déjà relativement compacte comme Dijon, il ne s’agit pas nécessairement de densifier davantage, mais plutôt de mieux répartir les fonctions, de renforcer les centralités existantes et d’améliorer la qualité des espaces de vie.
La proximité ne repose pas uniquement sur une concentration bâtie, mais sur une organisation fine et cohérente du tissu urbain. Elle implique également de distinguer les échelles de service : si les équipements majeurs comme le CHU Dijon Bourgogne relèvent d’un niveau métropolitain, les besoins du quotidien (médecins généralistes, pharmacies, soins paramédicaux, équipements éducatifs et culturels) doivent être accessibles localement. À l’échelle de la métropole, des communes comme Chenôve, Talant, Quetigny ou Longvic présentent déjà des formes de centralité qu’il s’agit aujourd’hui de consolider, notamment par la diversification des usages, le développement de services de proximité et la requalification des périphéries.
La ville du quart d’heure devient alors moins un modèle figé qu’un outil de transformation, permettant de penser une ville plus accessible, plus équilibrée et plus attentive aux rythmes de vie. Elle invite à dépasser une logique de distance pour s’inscrire dans une approche du temps vécu, où la proximité n’est plus seulement fonctionnelle, mais véritablement habitée, et où l’humain redevient le centre de la fabrique urbaine.
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